|
Tuesday, February 3rd, 2009 5:31 PM
Solo BoneJournal Le Phare
Arnaud Robert February 2009
Pourquoi un disque de trombone ? En sus, en solo. La tragédie du mec qui, déjà, opte pour l’instrument le plus pataud qui soit – un long tube de mauvais cuivre qu’on a trop enroulé, qui éborgne le voisin et sonne toujours un demi-quart de ton à distance du juste. En plus, le tromboniste ne trouve personne pour lui faire la causette. Samuel Blaser, de La Chaux-de-Fonds, a vu des fanfares marchantes dans les rues glaciales de sa ville, la plus haute d’Europe. Il est tombé, pour son plus grand malheur, fou de la coulisse. Il est parti à New York, puis maintenant à Berlin, histoire de huiler son tempérament. Il est devenu en quatre barrissements l’un des souffleurs les mieux cotés de sa génération. Il décide donc, après une série d’albums en configurations variables, de revenir à lui. A cet outil encombrant dont il ne se lasse pas. Il renoue avec le burlesque. La poésie bancale. Le frémissement du jazz quand il a peu d’idée de lui-même. Dans Solo Bone, Blaser grince, tord, fond, il ne s’ennuie pas. Il vous ennuie peu. Ce garçon vous rappelle Roswell Rudd qui a commencé sa carrière à jouer sur des pistes de cirque et des orchestres de dixieland. Son génie à Blaser ?Avoir compris que le trombone, cet objet de seconde voix, autorise les contresens. C’est un grand à venir. Autant l’écouter quand peu le savent encore. Arnaud Robert
|